Les Etats-Unis continuent leur renouveau au sein de la scène Heavy Metal et GREYHAWK commence à s’y faire une place de choix. Si le line-up a connu un changement majeur avec l’arrivée d’une nouvelle voix, la ligne directrice du combo n’a pas bougé. Elle s’est même affinée et cette nouvelle réalisation, si elle aborde les mêmes thématiques, reste vivifiante et solide. « Warriors Of Greyhawk » est accrocheur, élancé et techniquement irréprochable. Sans parler de mise à jour, les ambitions actuelles sont très claires.
GREYHAWK
« Warriors Of Greyhawk »
(Cruz Del Sur Records)
Seattle n’est pas vraiment réputée comme étant un bastion du Heavy Metal traditionnel, et pourtant GREYHAWK trace son chemin depuis dix ans maintenant. Pour son troisième album, auquel il faut ajouter deux EPs, le quintet monte au front et livre ses nouvelles batailles avec un nouveau chanteur. En lieu et place de Rev Taylor parti voguer vers d’autres cieux, c’est Anthony Corso qui prend les commandes et sa performances sur « Warriors Of Greyhawk » est plus que convaincante. Il n’a vraiment pas mis longtemps à s’adapter au registre de ses partenaires.
Très bien produit par Henrik Udd qui a su apporter de l’impact et de la vélocité aux morceaux du groupe, ce nouvel effort dénote un peu de l’esprit Old School initial, mais il a su conserver l’ADN du genre. L’univers de GREYHAWK est toujours basé sur celui de la Fantasy et l’atmosphère épique de « Warriors Of Greyhawk » a des saveurs héroïques. Bardé de riffs racés et de solos flirtant parfois avec le Neo-Classic, il déborde d’énergie et la fougueuse rythmique apporte le relief nécessaire à l’élaboration de ce bon Heavy Metal un brin Power.
Puissant et mélodique, ce nouvel opus ouvre de nouveaux horizons à un style estampillé vintage en lui offrant une continuité dans son approche moderne. Bien sûr, les influences de Dio, Chastain et même George Lynch, époque Dokken pour les guitares, sont présentes, mais GREYHAWK tire son épingle du jeu grâce, notamment, à son duo de six-cordistes, un frontman explosif et un songwriting efficace (« Endless Race », « Hyperspace », « Land Of Ashes », « Eternal Quest »). « Warriors Of Greyhawk » affiche beaucoup de force, tout en restant accessible.
Retrouvez la chronique de leur album précédent, « Thunderheart » :
Basée à San Diego, l’expérimentée californienne livre pour la première ses propres compositions, et quelques reprises particulièrement bien remaniées, sur « My Voice », une réalisation qu’elle a souhaité instrumentale et où sa guitare sert de guide. Imprégné de sonorités Southern et ne reniant pas une certaine filiation avec Chicago, le Blues de LAURA CHAVEZ est aussi Rock que délicat et flirte autant avec le R&B qu’avec ses origines mexicaines. Complet et inspiré, son univers est brut, coloré et entraînant. Une totale réussite et un dépaysement saisissant.
LAURA CHAVEZ
« My Voice »
(Ruf Records)
Après avoir accompagné des artistes comme Deborah Coleman, Dani Wilde, Monster Mike Welch ou Vanessa Collier, LAURA CHAVEZ se lance enfin en solo et ce premier opus sous son nom tombe à point nommé. Auréolée en 2023 du prix de la meilleure guitariste au Blues Music Awards, première et seule femme à l’être aujourd’hui, on la découvre ici sous un aspect plus personnel, dans un registre qui lui ressemble et à travers un jeu où le feeling prend le pas sur sa phénoménale technique. « My Voice » est un brassage de cultures et une ode à son instrument.
Et la première des surprises est que l’album est entièrement instrumental, une chose relativement rare dans le monde du Blues. Mais comme son titre l’indique sa guitare est sa voix et, au fil des titres, il faut reconnaître que toute note vocale serait presque superflue. LAURA CHAVEZ affiche une force narrative peu commune, qui ne se contente pas d’empiler les riffs et de multiplier les solos. Chaque morceau raconte une histoire et chaque ambiance nous transporte dans des émotions diverses traversant le Blues et le Rock avec une touche hispanique.
Co-produit avec le patron de son label, Thomas Ruf, « My Voice » a été enregistré en novembre dernier en Allemagne dans un esprit live. A ses côtés, on retrouve la Française Léa Worms (Gaëlle Buswel, Nina Attal) à l’orgue et au piano. L’excellent duo qu’elle forme avec LAURA CHAVEZ montre une réelle connexion entre les deux musiciennes, parfaitement soutenues par Tomex Germann (basse), Marty Dodson et Denis Palatin (batterie) et Antonio Econom aux percussions. Un disque haut en couleurs, riche en atmosphères, profond et porté par des virtuoses. Une pépite !
Au croisement d’un Heavy Stoner, d’un Doom Rock et d’un post-Metal captivant, TEMPTRESS est littéralement inclassable. Une sorte de Stoner hybride à l’œuvre depuis 2019 déjà et que le power trio de Dallas alimente depuis deux albums, en prenant bien soin de ne s’attacher à aucune chapelle. Le groupe a la particularité d’évoluer entre chant féminin et masculin élargissant un peu plus encore son champ d’action. Andi Cuba (batterie, chant), Kelsey Wilson (guitare, chant) et Christian Wright (basse, chant) imposent finalement leur personnalité pour se retrouver dans une unité artistique d’une cohérence incroyable et d’une créativité sans limite. A l’occasion de la sortie de « Hear », les Américains reviennent sur ce concentré de puissance si libre et maîtrisé.
– Trois ans après « See », vous faites votre retour avec « Hear », un album encore plein de surprises. La première est que l’atmosphère est moins Doom et étouffante et la production moins sombre. Vous aviez l’envie d’apporter et de laisser plus de lumière dans l’univers de TEMPTRESS ?
Oui ! C’est très différent de « See ». Avec ce nouvel album, nous avons cherché à obtenir un son plus authentique, quel que soit ‘notre son’. Je crois qu’il retranscrit parfaitement notre expérience en concert : puissante et intense, une véritable immersion visuelle et auditive.
– L’autre particularité de « Hear » est le songwriting. Vous êtes trois musiciens très aguerris à la scène et il régnait un réel esprit Jam sur votre précédentes réalisations. Or, ce nouvel album est très précis dans son écriture. Vous avez ressenti le besoin de plus structurer vos morceaux cette fois-ci ?
Eh bien, en tant qu’amis et musiciens, nous avons évolué. Pendant nos premières années, nos répétitions étaient souvent des jams improvisées, dans une ambiance spontanée, le temps d’apprendre à nous connaître musicalement. On jouait tous à l’oreille et ça a beaucoup contribué à notre style. Quand on a commencé à travailler sur un deuxième album, on voulait faire des morceaux plus courts et plus intenses, des titres faciles à chanter. Pendant le processus d’écriture, chacun avait des chansons sur lesquelles il travaillait de son côté, avec une idée précise de ce qu’il voulait en faire. On s’est réunis pour donner vie à ces idées, moins pour la composition et la structure, mais plus pour concrétiser la vision de chacun.
– L’une des forces de TEMPTRESS est aussi d’être trois au chant. Comment est-ce que vous vous partagez les rôles ? Chacun chante-t-il ses propres compositions, ou choisissez-vous la personne la plus adaptée suivant les tonalités du morceau ?
C’est un peu des deux. Nous chantons parfois nos propres morceaux, mais d’autres fois, nous chantons ensemble ou nous laissons quelqu’un d’autre prendre le relais. Nous jouons en accordage standard de ré ou en drop do, ce qui semble bien convenir à notre tessiture. Christian ayant un registre plus aigu, nous pouvons facilement nous répartir les parties vocales et imaginer les différentes possibilités qu’offrent un couplet ou un refrain.
– Chacun d’entre-vous a un timbre de voix et un style de chant différent. Quelle est votre principale difficulté, s’il y en a une, pour conserver l’identité musicale de TEMPTRESS ? Est-ce la musique qui prime, ou plutôt le contenu des textes ? Ou les deux…
Les deux, bien sûr ! Parfois, en écrivant, la musique ou le riff vient en premier et inspire les paroles, et inversement, les paroles que l’un de nous apporte inspirent la musique. Notre priorité est de composer une musique qui nous ressemble, quel que soit le genre. Je crois que notre identité musicale, c’est nous trois ensemble.
– Vous ouvrez « Hear » avec une intro assez longue et entièrement instrumentale. C’est morceau lumineux et très post-Rock. C’est un choix qui peut surprendre compte tenu de la suite de l’album. L’idée était-elle justement d’imposer une atmosphère précise dès le début ?
Absolument, dans le même esprit que « Death Comes Around » de « See », nous créons une atmosphère qui vous transporte dans notre univers. L’album possède une versatilité et un dynamisme presque bipolaires : chaque morceau est différent, chaque monde que vous explorez est unique. L’intro vous met en appétit et vous invite au voyage.
– Par la suite, l’album est très varié et vous évoluez dans une multitude de registres allant du Stoner au post-Metal avec des éléments Doom bien sûr et même très Rock 90’s. Est-ce que, finalement, TEMPTRESS n’ouvre-t-il pas les portes d’un post-Stoner, selon vous ?
La musique est tellement subjective que chaque auditeur peut y entendre ce qu’il veut. Oui, je suis d’accord, tous ces éléments sont présents et c’est parce qu’on les apprécie ! Si l’auditeur y entend du post-stoner, nous lui laissons cette possibilité.
– « Hear » est également à ranger parmi les albums oniriques, sans être exclusivement atmosphérique pour autant. Et il est aussi très conceptuel dans la forme. Est-ce que vous définissez une ligne artistique globale avant même de commencer la composition ?
Non, pas tellement sur cet album. L’atmosphère onirique s’est imposée naturellement, de façon organique, grâce à notre style d’improvisation. Nous n’y avions pas pensé avant de composer l’album.
– Enfin, vous avez aussi changé de label, puisque « Hear » sort chez Blues Funeral Recordings, tandis que « See » était sorti chez Metal Assault Records. Et Ripple Music s’apprête à ressortir votre premier album en mars. A quoi sont dus tous ces changements, et comment expliquez-vous cette surprenante dispersion ? A moins que ce ne soit qu’un concours de circonstance ?
C’est vraiment une coïncidence. Notre contrat avec Metal Assault Records arrivait à échéance à peu près au moment où nous avons rencontré Jadd de Blues Funeral Recordings. Nous avions entre les mains notre album « Hear », fraîchement enregistré, et nous cherchions désespérément un label pour le distribuer. Blues Funeral Recordings est un label formidable et ils nous ont vraiment aidés à évoluer et à nous développer sur la scène musicale. Alors qu’ils étaient très occupé par la sortie de « Hear », nous étions impatients de trouver un distributeur européen pour la réédition de « See », un album essentiel pour notre avenir. Une fois toutes les parties prenantes d’accord, nous nous sommes adressés à Ripple Music et leur avons demandé une réédition. Heureusement, ils ont accepté et nos fans européens pourront se procurer un exemplaire très prochainement ! (L’album ressortira le 20 mars chez Ripple Music – NDR)
Le nouvel album de TEMPTRESS, « Hear », est disponible chez Blues Funeral Recordings.
Concocté par le très prolifique JOE BONAMASSA, « BB King’s Blues Summit 100 » ne pouvait qu’être qu’irréprochable, varié et inspiré. Et il l’est ! Peut-être que les puristes et les fans les plus assidus de la légende le trouveront pompeux à quelques égards, même s’il rassemble des incontournables de BB King. Ne soufrant qu’aucune prestation moyenne, ces 32 reprises rappellent l’importance et l’héritage laissé au monde du Blues par l’un de ses plus éminents acteurs. Un opus surtout destiné à qui accepterait une vision nouvelle d’une carrière exceptionnelle.
JOE BONAMASSA
« B.B. King’s Blues Summit 100 »
(KTBA Records)
Mentor et à la fois modèle, et même si son jeu est assez éloigné du sien, JOE BONAMASSA a toujours voué beaucoup de respect et d’admiration pour le grand BB King. Celui qui l’a côtoyé pendant plus de 25 ans, et pour qui il a ouvert un concert alors qu’il était tout juste âgé de 12 ans, lui rend ici un hommage digne de ce nom à l’occasion de son centième anniversaire. Pour se faire, l’homme au costume a vu les choses en grand avec un casting cinq étoiles et pas moins de 32 morceaux repris avec énormément de talent et de sincérité par des musiciens tous très impliqués.
Bien sûr, choisir 32 chansons dans le vaste répertoire du bluesman aux 16 Grammy Awards n’est pas chose aisée. Mais s’il manque quelques classiques à l’appel, « BB King’s Blues Summit 100 » regorge de pépites et elles sont toutes très représentatives de l’empreinte laissée par le maître du Mississippi sur le Blues en général. Mais surtout, ce double-album montre à quel point il a su traverser et transcender les générations, qui se le sont finalement appropriées de manière très personnelle et avec un regard neuf et différent sur son œuvre, et ce malgré des sphères opposées.
Ce colossal projet est enregistré et produit par JOE BONAMASSA et son complice Josh Smith, qui l’ont réalisé l’ensemble lors de sessions mensuelles en studio. Dans ce line-up de rêve figurent les légitimes Eric Clapton, Buddy Guy et Bobby Rush, d’autres faisant partie du cercle proche de l’instigateur comme Christone ‘Kingfish’ Ingram, Marcus King ou Joanne Shaw Taylor. Et puis, Susan Tedeshi & Derek Trucks, Larkin Poe, Jimmie Vaughan, Keb’ Mo’, Kenny Wayne Shepherd, Dion, Eric Gales, Warren Hayes et bien d’autres apportent leur contribution à ce bel hommage. Un must !
Retrouvez les chroniques des derniers albums de JOE BONAMASSA :
Alors que les Américains menaient une aventure pour le moins hachée avec la sortie de quelques opus et d’un live, il aura peut-être fallu cette date française pour redonner de l’élan à la formation. Près d’une décennie d’absence et HERMANO remontait sur scène, comme si de rien n’était pour une performance hors-norme. Depuis 2016, la machine est relancée, son label Ripple Music réédite ses disques dans des versions remastérisées et ce « Clisson, France » confirme que le Heavy Stoner Blues du combo reste un modèle du genre.
HERMANO
« Clisson, France »
(Ripple Music)
Et si finalement, ce concert du 18 juin 2016 avait été le déclic pour HERMANO ? Chauffé à blanc et devant un public tout acquis, le groupe avait offert une prestation marquante immortalisée sur ce live. Insaisissable et jouissant d’une liberté absolue depuis sa création en 1998, ce projet parallèle s’est pourtant forgé une solide réputation au fil des années, malgré une discographie peu étoffée. Mais le mythe s’est installé et après huit ans de break, c’est au Hellfest que la magie a opéré à nouveau et où les riffs ont fuzzé dans une torpeur partagée.
Soudés par une forte amitié et un amour inconsidéré pour le Stoner Rock et le Heavy Blues, John Garcia (ex-Kyuss, chant), Dandy Brown (Orquestra Del Desierto, basse), Dave Angstorm (Luna Sol, guitare), Mike Callahan (Disengage, guitare) et Chris Leathers (Supafuzz, batterie) ont fait souffler un vent de folie et livré un set stratosphérique. Bien sûr, celui s’articule surtout autour des albums « ...Only A Suggestion » (2002) et « Dare I Say… » (2004), et HERMANO leur a offert une dimension incroyable basée sur une phénoménale énergie.
Le plaisir et l’envie d’être là et de faire partie des moments forts de cette onzième édition du festival breton se sont clairement faits sentir dès les premières notes de « Let Side Bleeding ». Le quintet était prêt à en découdre et les versions de « The Bottle », « Cowboy Sucks », « Is This Ok », « Kentucky », « Angry American » ou « Señor Moreno’s Plan » ont fait vibrer la foule grâce à un jeu électrisant. HERMANO, avec son parcours pour le moins atypique, reste l’un des fleurons majeurs du Heavy Stoner Blues et « Clisson, France » est à classer parmi les indispensables.
L’album est disponible d’un simple clic sur la bannière en page d’accueil.
A la manière d’un ouragan, SOPHIE GAULT déferle avec la fougue qu’on lui connaît sur « Unhinged », une nouvelle réalisation très Rock, accrocheuse, moderne et débridée. Epanouie et volontaire, la songwriter, guitariste et chanteuse se montre sous son meilleur jour avec des titres habités et débordants d’énergie. Americana, Blues ou Honky Tong, rien ne lui résiste et elle impulse un souffle d’une grande fraîcheur sur la scène de Nashville, d’où elle est originaire. Une vraie pépite.
SOPHIE GAULT
« Unhinged »
(Torrez Music Group)
Auréolée d’une solide réputation sur la scène d’East Nashville, véritable poumon musical de la vile, SOPHIE GAULT sort un troisième album où elle sort les crocs dans un Americana Rock féroce aux sensibilités Country. Indépendante, son jeu a quelque chose de sauvage et d’imprévisible, qui a fait d’elle une musicienne incontournable bien au-delà du Tennessee, même si son style y est profondément lié. Pour autant, la musicienne est loin de se conformer à un système quelconque et rejette même toute sorte de zone de confort.
Moins de deux ans après « Baltic Street Hotel », l’Américaine revient plus aiguisée encore et plus Rock’n’Roll que jamais, sans mâcher ses mots et en lâchant des riffs tendus sur des mélodies entêtantes. « Unhinged » lui ressemble beaucoup, rebelle et libre. La production est brute et organique, puisque ce nouvel opus a été enregistré en condition live avec toute la vérité que cela demande. Particulièrement bien épaulée, SOPHIE GAULT peut compter sur des partenaires solides et aguerris, qui se montrent tous flamboyants.
Provocante et touchante à la fois, elle chante sa vie sans fard avec une folle énergie dans un Americana gorgé de Rock, de Blues, de Honky Tong et parfois même funky. Et entre ses compositions, SOPHIE GAULT a glissé quelques reprises tellement bien senties qu’on les croirait siennes, comme « Loves Gonna Live Here » de Buck Owen ou le fulgurant « Stop Breaking Down » de Robert Johnson. Et elle régale aussi sur « Whiskey Would Help », « Chesnut Street », « Pocket Change » en duo avec Mando Saenz et le morceau-titre. Epoustoufflant !
C’est un envoûtement, un rituel, une sorte de tornade mêlée de Hard Rock et Doom Metal dans des atmosphères occultes que propose RITUAL ARCANA sur son premier album éponyme. Le power trio américain se présente avec un line-up cinq étoiles, où chacun apporte sa pierre à un édifice solide et maléfique. Issus de The Obsessed et Saint Vitus notamment pour son guitariste, Scott ‘Wino’ Weinrich, de The Black Lips pour son rugueux batteur Oakley Munson, de Moth pour sa frontwoman et bassiste, ces musiciens se sont naturellement retrouvés autour d’un registre, où leur empreinte se fait déjà sentir. Sombre mais entraînant, « Ritual Arcana » captive autant par son univers un brin lugubre que par cette production brute et authentique, qui traverse ce premier effort dans un élan obsédant. SharLee LuckyFree, dont la voix stellaire illumine la formation, revient sur la magie qui opère avec ses partenaires.
– Tout d’abord, vous êtes trois fortes personnalités reconnues dans l’univers du Metal et du Rock et j’imagine que vos chemins ont déjà du se croiser avant la formation du groupe. Quand RITUAL ARCANA est-il né dans vos esprits ? Quel a été le déclic ?
L’idée de RITUAL ARCANA a commencé à germer dans mon esprit lors d’une tournée européenne avec The Obsessed il y a environ trois ans. Lors d’une longue promenade en solitaire, j’ai réalisé qu’il était temps d’acheter une nouvelle basse. Mais le destin a voulu que je retrouve ma Gibson EB0 de 1967 à notre retour. Parallèlement, j’écrivais beaucoup de poésie sur la route. De retour, je me suis concentrée sur l’écriture de chansons et j’en ai composé onze, dont j’ai enregistré les démos. Neuf se sont retrouvées sur l’album, les deux autres étant des bonus. Wino (Scott ‘Wino’ Weinrich – NDR) a adoré les morceaux ! Ce qui compte beaucoup pour moi, car c’est mon musicien préféré et un auditeur très attentif. Il a donc accepté de rejoindre le groupe et a considérablement enrichi les chansons en y ajoutant ses guitares. Il a également composé un morceau intitulé « Occluded ». Dès que nous avons commencé à jammer avec Oakley (Munson – NDR) à la batterie, tout s’est mis en place. Et oui, en effet, nos chemins s’étaient croisés bien avant la formation du groupe. J’avais vu Wino jouer en concert à de nombreuses reprises, que ce soit avec The Obsessed, Saint Vitus, Shrinebuilder, Acoustic, etc… et j’étais une grande fan de sa musique. Finalement, lors d’un concert d’Obsessed à Washington en 2018, nous nous sommes rencontrés et cela a été le coup de foudre. Nous sommes mariés depuis plusieurs années.
– Est-ce que l’idée d’associer Hard Rock et Doom Metal dans un esprit Heavy Rock occulte vous a immédiatement paru évident, car vos parcours respectifs semblaient aussi tout indiqués ?
L’écriture des chansons s’est faite très naturellement, sans se soucier du genre. Je pense que nous nous exprimons simplement dans l’univers du Hard Rock/Doom Metal, parce que c’est ce que nous sommes.
– RITUAL ARCANA est véritablement un super trio et on imagine même pas le groupe avec un membre supplémentaire, Est-ce que ce line-up et sa formule power trio est celui que vous attendiez tous les trois et quelles sont les possibilités d’une telle formation qui vous ont tout de suite sauté aux yeux ?
Je me sens vraiment privilégiée de jouer avec Wino et Oakley. Je savais seulement que j’avais plein de chansons prêtes à prendre vie, qui mûrissaient en moi. Ma première passion a toujours été le Rock’n’Roll, et jouer et écrire des chansons sont pour moi les formes de guérison et de catharsis les plus puissantes que je connaisse. Et ce qui est génial, c’est que c’est aussi très amusant. Je me sens toujours mieux après avoir joué. Et quand j’ai besoin d’exprimer des émotions, je trouve qu’écrire une chanson est le meilleur moyen de les intégrer et de transfigurer les énergies négatives. Nous avons tous les trois une alchimie très spéciale, et lorsque nous unissons nos forces, nous ouvrons un portail vers une énergie encore plus grande. La magie de la musique !
– Vu vos antécédents, les idées ont du fuzzer assez rapidement et ce premier album témoigne parfaitement de la créativité à l’œuvre dans le groupe. Justement, comment sont nés ces morceaux, et êtes-vous tous les trois portés par la même impulsion, que ce soit au niveau des textes comme de la musique ?
Comme je te le disais, je suis la principale compositrice du groupe, même si Wino y contribue également. Nous travaillons toujours ensemble sur les morceaux. Quant à cet album, je l’ai écrit sur une période d’environ un an, inspirée par une grande variété d’impulsions, d’intérêts et d’expériences : du bonheur au chagrin, de l’aventure à la mélancolie, la vie elle-même et le surnaturel.
– RITUAL ARCANA possède un coté magnétique et sombre, qui s’inscrit brillamment dans l’univers de l’occulte et cette voix pleine d’autorité t’offre un rôle de grande prêtresse. Vous êtes-vous penché sur un concept précis avant l’écriture de l’album, ou l’inspiration est-elle venue au fur et à mesure ?
L’inspiration m’est venue de mon vécu et les sujets abordés reflètent ce qui me passionne au quotidien. Les thèmes de l’album ne se limitent donc pas à des concepts musicaux, mais s’appuient sur l’expérience, l’émotion et des convictions profondes. Je crois en la magie, au pouvoir du son, à sa capacité à guérir et à élever les âmes, ou, dans le cas d’émotions plus sombres ou plus intenses, à transfigurer. Au-delà de sa contribution à l’écriture des chansons et, bien sûr, de son jeu de guitare, Wino est mon mentor musical, et peut-être mon ‘détraqueur’ aussi ! (Rires) Il m’a énormément aidé à progresser en tant que bassiste et chanteuse.
– Grâce à un Hard Rock surnaturel et intemporel, on pense bien sûr à vos anciennes (et actuelles) formations, Il y a quelque chose d’inquiétant, de frénétique et aussi de sublime dans le jeu et le son de RITUAL ARCANA. On vous sent à la fois possédés et tout en maîtrise. La production est aussi brute et organique pour un résultat authentique. Est-ce une musique que l’on doit vivre pour la jouer si intensément ?
Merci beaucoup. Et effet, l’expérience directe est absolument essentielle. Cette musique n’est pas faite pour tout le monde, seulement pour ceux qui la ressentent, notre tribu Rock’n’Roll. Ce rituel sonore est une invitation à la libération, et il n’y a pas de meilleur moment qu’à l’heure actuelle.
– L’épaisseur des riffs et ce groove infaillible rendent RITUAL ARCANA captivant à plus d’un titre et il règne une grande liberté sur l’album. On a le sentiment que vous ne vous êtes posés aucune limite en studio. Comment était l’ambiance entre vous à ce moment-là ?
Nous avons passé un super moment en studio, et c’était un vrai plaisir de travailler avec Frank Marchand derrière la console. L’album était déjà terminé et enregistré sur démo, mais c’est vraiment en studio qu’il a pris vie. L’ambiance était géniale : nous étions tous ensemble dans le Maryland, et c’était un bonheur de vivre et de respirer les chansons tous les trois pendant tout ce temps.
– Enfin, avec un tel casting et un tel album, on ne peut qu’espérer que RITUAL ARCANA ne soit pas un one-shot. Y a-t-il des concerts déjà prévus et peut-être même déjà l’idée d’une suite à « Ritual Arcana » dans un coin de vos têtes ?
Oui, nous venons tout juste de commencer les concerts ! C’est une courte tournée américaine, mais nous serons dans le New Hampshire, à New-York, à Philadelphie, à Washington D.C., en Caroline du Nord, à Atlanta, dans le Kentucky et dans l’Ohio. Et c’est vrai que nous commençons déjà à travailler sur notre prochain album. Enfin, merci beaucoup pour le temps que tu nous a accordé et aussi d’avoir écouté l’album. Et nous serions ravis de venir en France le moment venu. On vous embrasse !
L’album éponyme de RITUAL ARCANA est disponible chez Heavy Psych Sounds.
Poser une atmosphère Soul dans un environnement très Rock, c’est le pari (gagné !) d’une formation de musiciens aussi chevronnée qu’inventive. En positionnant les émotions au cœur d’un registre dynamique, qui puise sa force dans des vibrations directement issues du patrimoine Rock de son pays, MYND READER articule son style autour d’une puissance brute. Les notes bluesy et la minutie extrême apportées aux compositions libèrent une sensation de liberté sans concession et un brin cinématographique.
MYND READER
« Mynd Reader »
(Independant)
Né de l’amitié et de la rencontre artistique entre le batteur Brian Sachs (ex-The Authority) et le multi-instrumentiste Tonin qui met brillamment en musique les textes du premier, MYND READER est le fruit d’une union créative peu courante et tellement évidente au final. Depuis octobre 2024 et son premier single « Radio Warning », il diffuse au fur et à mesure sa musique et l’on découvre enfin ce premier effort éponyme dans son intégralité et il tient toutes ses promesses. D’ailleurs, le prolifique duo travaille d’ores et déjà sur ses prochaines réalisations.
Originaire de Boulder dans le Colorado, MYND READER réunit en un même élan son amour pour le Classic et le Southern Rock, le tout posé dans un magnifique écrin moderne et particulièrement bien produit pat Tonin dans les moindres détails. En effet, « Mynd Reader » révèle au fil des écoutes un remarquable travail sur le son des morceaux. Chaque caisse claire est unique, chaque riff aussi, les parties de piano sont délicates, tout comme cette voix incroyable, qui offre une âme enthousiaste et apporte une profondeur attachante à chaque chanson.
Car si l’aspect sonore et mélodique tient une place essentielle chez le trio, la performance vocale de Shelby Kemp est tout simplement incroyable. Audacieuse, personnelle et dotée d’une chaleur enveloppante, la voix du frontman éclaire les morceaux en les rendant captivants, bouleversants et si fédérateurs. Très accrocheur, MYND READER est aussi le reflet de son époque transposé dans un American Rock authentique et sincère. Et si sept singles sont déjà sortis, « Mynd Reader » est l’exemple parfait de l’impact et de l’importance de l’écoute d’un album complet.
Retrouvez aussi l’interview du groupe réalisée il y a quelques mois :
L’annonce avait fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du Metal. L’un des membres du ‘Big Four’, et pas des moindres, tire sa révérence et met ainsi fin à l’âge d’or du Thrash ‘Made in Bay Area’ de la côte ouest américaine. Bien sûr, il reste une magnifique discographie, des coups de gueule et des petites phrases de son frontman qui resteront longtemps gravés, mais plus de disques. Cependant, le séisme aura quelques longues répliques, puisque le quatuor s’engage pour une tournée de trois ans. MEGADETH fait donc ses adieux vinyliques avec même un ultime pied de nez à ses meilleurs ennemis de Metallica en reprenant « Ride The Lightning », co-écrit avec James Hetfield, Cliff Burton et Lars Ulrich. « Megadeth » n’est probablement pas l’œuvre la plus marquante du groupe, mais il n’en est pas moins une très belle conclusion.
MEGADETH
« Megadeth »
(BLKIIBLK Records)
Chroniquer l’ultime opus d’une telle légende peut vite tourner à la nécrologie, sauf que l’envie et l’élan qu’apporte Dave Mustaine à ce « Megadeth », le bien-nommé, laissent sous-entendre que la tournée d’adieu devrait être musclée. Surtout, il parvient à réaliser le tour de force de représenter sur dix morceaux, et un joli bonus, l’ensemble des tendances du combo à travers les époques, bravant les modes en imposant un style unique et tellement personnel. Bien sûr, certains puristes ne jurent que par les quatre premières réalisations, tandis que d’autres sont tombés dans la marmite avec « Youthanasia » et son aspect plus mélodique. Et c’est aussi parce que MEGADETH incarne tous ces courants et reste au sommet à chaque fois qu’il demeure une machine inusable.
C’est donc une sorte de regard panoramique qu’offre « Megadeth » avec ce son et cette rugosité si particulière. De « Killing Is My Business… And Business Is Good! » à « The Sick, The Dying… And The Dead! » en passant par « So Far, So Good… So What! », « Rust In Peace », « Countdown To Extinction » ou même « Th1rt3en », la gamme de MEGADETH est si vaste qu’elle traverse avec classe le monde du Thrash Metal pour lequel il a tant œuvré. Au-delà de quelques titres de très bonne facture, c’est surtout un ensemble que l’on retient ici dans une ambiance globale et avec cette touche inimitable (« Tipping Point », « Hey God! », « Puppet Parade », « Made To Kill », « Obey The Call », « The Last Note » et la brillante cover de « Ride The Lightning »).
En bons mercenaires qu’ils sont, Teemu Mäntysaari (guitare), James LoMenzo (basse) et Dirk Verbeuren (batterie) peuvent remercier Dave Mustaine pour la faveur accordée, même si on aurait souhaité un tout autre line-up pour clore ce beau chapitre. On peut regretter les absences de David Ellefson pour plus de groove, ainsi qu’un clin d’œil du magicien Marty Friedman pour une dernière envolée sur un duel dont ils avaient le secret. Bref, la vraie formation ! Après tout, MEGADETH est l’œuvre de son fondateur et ne brille plus que par lui depuis longtemps déjà. Ce 17ème album est une vraie réussite et ce que l’on était en droit d’attendre d’une carrière longue de plus de quatre décennies en guise de clap de fin. Merci pour tout, Monsieur Mustaine.
Retrouvez la chronique de l’avant-dernier album du groupe :
Il y a quelques semaines, le quatuor américain sortait un nouvel EP, « Sorceress », particulièrement captivant et accrocheur. Basé sur un Stoner très Heavy et épais, quelques touches de Hard Rock et même une légère saveur bluesy, BEAST EAGLE semble ici prendre véritablement en envol. Mené par une frontwoman, Kate Lewis, qui apporte beaucoup de force et de mélodie aux morceaux, le quatuor s’est forgé un style bien à lui, loin des références qui l’ont animé au départ de l’aventure. D’un Stoner Doom âpre et massif, le groupe du Nebraska a gagné en finesse, a éclairci son jeu et rivalise aujourd’hui avec n’importe quelle formation du genre. Guitariste et membre fondateur, Austin L’Ecuyer revient sur ce parcours, sa vision artistique et l’évolution du combo.
– BEAST EAGLE a un parcours assez particulier, puisque vous avez sorti « Loud At Plat Black Studios » deux ans après la création du groupe, et surtout c’est un album entièrement instrumental axé sur un Stoner Doom très rugueux. Il s’en dégage un sentiment d’urgence et il sonne aussi très live. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette première déflagration et vos débuts ?
Quand on a formé le groupe, on voulait un son brut et authentique, avec de gros amplis à lampes et d’énormes enceintes. On voulait un son puissant et percutant. On voulait aussi un son rapide, pas trop lent comme beaucoup de groupes de Stoner Doom qu’on écoutait. Du coup, on a intégré des éléments Metal et Rock qu’on avait tous en commun et on a créé notre première démo.
– Il y a trois ans, Kate Lewis vous a rejoint pour donner de la voix et poser des mots sur la musique de BEAST EAGLE. A quel moment et pour quelle raison avez-vous décidé de d’intégrer du chant ?
Au cours de notre première année, alors que le groupe prenait de l’ampleur, on nous disait sans cesse que notre musique atteindrait un tout autre niveau avec la bonne chanteuse. A chaque concert, c’était la même chose. On a lancé une recherche sur Internet, mais sans grand succès. Puis, Kate est venue à notre premier concert après la pandémie. Et elle a dit : « Salut, je m’appelle Kate et je vais être votre chanteuse ». Je lui ai avoué que je n’étais pas fan des chanteuses dans le Metal et que je n’imaginais pas vraiment une chanteuse pour ce projet. Quelques mois plus tard, on a organisé des auditions. Kate est arrivée avec le morceau « Heavy Bones » déjà écrit. Elle était incroyable et nous a vraiment bluffés. Dès la première note, on a su que c’était elle.
– Sur votre premier EP éponyme, vous avez amorcé un virage plus Hard Rock et moins Doom. Aviez-vous besoin s’apporter un peu de lumière à votre registre et éclairer un peu votre direction musicale en étant peut-être moins âpres ?
Je ne crois pas que notre choix se soit porté sur une musique moins agressive ou plus légère. Avec les changements de formation au sein du groupe, nous avons tous ressenti le besoin d’explorer davantage le groove et la mélodie, plutôt que de nous cantonner à un son Stoner Rock plus marqué. Le premier EP est un réenregistrement assez fidèle de notre première démo, mais avec un travail plus abouti et une direction plus précise. L’intégration des voix aux morceaux a permis de leur donner une dimension plus complète.
– Avec « Sorceress », BEAST EAGLE donne une touche assez bluesy à ce deuxième EP, tout en restant aussi occulte dans la démarche. Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir peaufiné votre jeu au fil des sorties, ou est-ce juste une évolution naturelle pour vous ?
Je crois que ce groupe puise son inspiration dans un mélange incroyable de genres musicaux, bien au-delà du Rock. Du coup, à chaque réalisation, on évolue au gré des influences musicales qui nous entourent. J’adore m’inspirer de toutes ces sources et laisser les chansons se développer librement.
– D’ailleurs, vous avez sorti deux EPs après un premier album, tandis que c’est souvent l’inverse. Vous préférez les formats courts, ou est-ce aussi une façon d’occuper l’espace avec des réalisations régulières dans une industrie musicale très bousculée ces dernières années ?
Ces dernières années ont indéniablement transformé notre vision de l’industrie musicale. Sortir des morceaux plus fréquemment est sans aucun doute préférable pour capter l’attention volatile du public. Certes, composer un album complet demande plus de temps et de concentration, mais la récompense est à la hauteur : plus de 20 minutes de musique à écouter. D’ailleurs, il est grand temps de sortir un album avec notre formation au complet pour faire découvrir à tous toute la richesse de l’univers BEAST EAGLE.
– Par ailleurs, l’arrivée de Kate au chant n’a pas vraiment ralenti vos ardeurs. Qu’est-ce qui a le plus changé, selon vous, en devenant un quatuor et en quittant un registre instrumental aussi ? Votre approche dans la composition a-t-elle évolué et vous arrive-t-il aujourd’hui de partir du texte pour créer le climat d’une chanson ?
L’écriture n’a pas vraiment beaucoup changé depuis l’arrivée de Kate. On commence toujours par les instrumentaux, puis on ajoute les voix. Avec une chanteuse, on modifie parfois les paroles pour les adapter à certains passages. Le chant donne toujours une direction plus claire aux morceaux et nous permet de trouver une meilleure dynamique.
– Ce nouvel EP est basé sur l’histoire d’une sorcière et elle évolue au fil des morceaux. C’est assez rare de développer un concept sur ce type de format court. Est-ce que cela fait plus largement partie de l’imaginaire de BEAST EAGLE dans son ensemble, et donc un album n’était pas forcément nécessaire ?
La création de cet EP concept a été un parcours complexe, c’est certain, mais nous avions commencé à l’écrire en gardant l’idée des sorcières en tête. Cinq chansons nous semblaient suffisantes pour raconter l’histoire sans laisser place à des digressions inutiles. Je ne sais d’ailleurs pas encore si nous referons un album concept à l’avenir.
– Enfin, BEAST EAGLE montre un jeu très équilibré sur « Sorceress » avec des parties de guitare aiguisées et tranchantes, une rythmique massive et un chant captivant. Vous avez même été sacré meilleur groupe de Hard Rock dans votre ville d’Omaha, Nebraska. J’imagine que les concerts vont se succéder. Avez-vous déjà l’idée d’un premier album à quatre, ou d’un prochain EP, dans un coin de la tête ?
Nous vous réservons quelques petites surprises pour ce début d’année, qui tiendront nos auditeurs en haleine. Par ailleurs, nous avons commencé à composer notre prochain album, un album complet et riche en rebondissements, qui vous captivera.
Le nouvel EP de BEAST EAGLE, « Sorceress », est disponible chez Golden Robot Records.