D’une vitalité franchement réjouissante, cela fait maintenant deux ans que TOO HOT FOR LEATHER a émergé de la cité de la Country Music à grand renfort de solides guitares et sur un rythme effréné. Massif et mélodique, « Superhero Wannabes! » nous emporte dans un tourbillon globalement Hard Rock, mais aux multiples variables. Guidé par son intenable chanteuse, le combo se présente avec un nouveau format court, auquel il est bien difficile de résister.
TOO HOT FOR LEATHER
« Superhero Wannabes! »
(Independant)
Enjouée et hyper-Rock’n’Roll, l’aventure du quatuor a réellement commencé en juillet 2024, date à laquelle il a présenté son tout premier single, « Show Me What You’ve Got », un titre entêtant et ravageur. Originaire de Nashville, TOO HOT FOR LEATHER fait partie de cette nouvelle génération qui distille sa musique au compte goutte sur les plateformes, et qui semble peu préoccupée par le fait de sortir un album. Avec « Superhero Wannabes! », c’est donc un EP qu’il propose, lequel inclut d’ailleurs « Beef Stew » et « Doubt », sortis précédemment.
Héritier direct de la scène Hard Rock et Sleaze américaine, et avec un soupçon Punk Rock californien dans l’énergie et l’attitude, le groupe laisse paraître une sensation de légèreté en contraste avec la puissance affichée. TOO HOT FOR LEATHER s’amuse et distille sa bonne humeur à travers des riffs musclés, une rythmique percutante et sa frontwoman porte le tout avec une certaine désinvolture, mais aussi beaucoup de sérieux. Car, les sept chansons de cet EP, le deuxième, sont très en place et l’excellente production ne doit rien au hasard, non plus.
Sur une petite demi-heure, la formation du Tennessee se fait vraiment plaisir et l’aspect très dansant et festif de son Rock est un véritable remède à la morosité. A la fois envoûtante, magnétique et fédératrice, Shannon Sperl se montre irrésistible et surprend même par sa large palette vocale, comme sur la ballade piano-voix, « Father’s Daughter », qui clot « Superhero Wannabes! ». Littéralement taillé pour la scène, le répertoire de TOO HOT FOR LEATHER devient vite addictif (« Super Hero », « Kid Again », « All Talk »). Le Rock est plus vivant que jamais !
Même si ce sont ses grands débuts sous son propre nom, DAN BYRNE fait déjà partie de ces artistes chevronnés, qui mêlent habillement expérience et intuition. Spontané et solide, « This Is Where The Show Begins » vient ôter d’un Rock estampillé 80/90’s une poussière engourdissante pour lui mettre un sacré coup de boost, qui acte également une évolution notable de la part du Britannique. Mélodique et accrocheur, il surgit de la Mersey avec autant de talent que d’ambition.
DAN BYRNE
« This Is Where The Show Begins »
(Frontiers Music)
Il n’aura fallu que deux albums avec le groupe Revival Black en 2019 et 2022 pour que le musicien de Liverpool se lance en solo l’année suivante. Avec « Beginnings », DAN BYRNE se fait rapidement connaître, ce qui ne l’a pas empêché de sortir un autre disque avec Marty And The Bad Punch l’an dernier. Autant dire qu’il a de la suite dans les idées et qu’il se montre plutôt créatif. Après son premier EP, il est forcément attendu au tournant sur un format long, d’autant qu’il est fraîchement signé chez les Italiens de Frontiers Music.
Son style ? Un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock US et d’Alternative Rock très actuel et moderne, malgré des références pour le moins classiques. C’est donc un Rock d’une fraîcheur très contemporaine que propose DAN BYRNE sur le bien-nommé « This Is Where The Show Begins ». Certes, tout n’est pas parfait, mais l’ensemble est soigné, bardé de bonnes guitares et surtout enrobé de sa voix puissante et chaleureuse. Seuls quelques arrangements très AOR et hors-propos viennent assombrir plusieurs titres.
Car, il faut reconnaître que la qualité du songwriting et la prestation vocale de l’Anglais offrent une très belle dynamique à « This Is Where The Show Begins ». mais si certaines parties de claviers viennent franchement ternir le travail effectué sur des morceaux efficaces, qui auraient mérité bien mieux comme traitement pour plus de tenue. Cela dit, DAN BYRNE s’en sort plutôt bien en restant toujours très positif dans les ambiances et en déployant une fougue sincère (« Saviour », « She’s The Devil », « Death Of Me », « Pulling The Under »). Convaincant !
Groovy et spontanée, cette nouvelle réalisation de GRÁINNE DUFFY vient confirmer l’étendue de son talent, tout en se distinguant de son prédécesseur « Dirt Woman Blues », sorti il y a trois ans et pour lequel elle s’était livrée au site. Avec « What Am I Supposed To Do », elle joue la carte de la diversité avec la classe naturelle qu’on lui connaît. Blues Rock, mais pas seulement, ses performances vocales et guitaristiques sont assurées et virtuoses et ses nouvelles compositions ont déjà des allures de classique.
GRÁINNE DUFFY
« What Am I Supposed To Do »
(Independant)
C’est depuis le comté de Monaghan où elle est née et a grandi que GRÁINNE DUFFY puise son inspiration. Ayant pris son envol en 2007 avec « Out Of The Dark », elle sort aujourd’hui son sixième album. Au fil des années, son Blues, mâtiné de Rock, de Soul, d’Americana auquel quelques saveurs Country et celtiques s’échappent délicatement, s’est affiné et surtout personnalisé. Avec « What Am I Supposed To Do », l’Irlandaise s’impose comme l’une des meilleures représentantes du genre dans son pays… et bien au-delà.
La musicienne est aussi retourné sous le soleil californien, à Los Angeles, au 64 Sound Studio sous la houlette de Justin Stanley et de Marc Ford à la production pour un résultat toujours aussi sincère et authentique. Analogique et chaleureuse, la musique de GRÁINNE DUFFY reste d’une grande liberté et se tient à distance des sorties actuelles. Farouche et audacieuse, la songwriter évolue dans une intemporalité constante entre respect des traditions et une approche moderne, tout en piochant à la fois dans l’héritage américain et dans sa culture européenne.
Toujours aussi bien entourée, les musiciens présents jouent, ou ont joué, avec John Mellencamp, Gov’t Mule, Blind Boys Of Alabama ou The Black Crowes, sans oublier son guitariste de mari Paul Sherry. C’est dire la qualité d’interprétation des chansons signées GRÁINNE DUFFY. Et la chanteuse et guitariste diffuse une énergie continue à travers des titres qui traversent le temps avec une émotion brute (« Early In The Morning », « Streets Of Love », « Tearing The Apart », « Got To Give It Up », le morceau-titre et « Need Your Love So Bad », immortalisé par Peter Green). Immanquable !
Photo : Barry McCall
Retrouvez aussi l’interview de GRÁINNE DUFFY à l’occasion de la sortie de « Dirt Woman Blues » :
Rare femme à porter haut l’étendard d’un Heavy Metal traditionnel, Marta Gabriel poursuit son chemin avec une constance artistique, qui la rend assez unique. Après deux décennies passées à la tête de Crystal Viper, puis une embardée avec Moon Chamber et un album hommage de reprises dédié à celles qui l’ont influencé et sous son propre nom, la voici de retour avec LEATHERWITCH. Un nouveau chapitre s’ouvre donc, et même s’il ne trahit pas ses convictions musicales profondes, il apporte de la fraîcheur à un registre qu’elle maîtrise parfaitement. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si elle y joue tous les instruments. La Polonaise continue son aventure métallique avec « First Spell », un album véloce et puissant autour de ses thèmes de prédilection. Entretien avec une artiste multiple restée passionnée par le côté Old School d’un style, qui est loin d’avoir rendu son dernier souffle.
– Après presque 20 ans, tu as mis fin à l’aventure Crystal Viper l’an dernier avec l’ultime « The Live Quest ». Tout d’abord, qu’est-ce qui t’a le plus profondément marqué toutes ces années et est-ce qu’il y a malgré tout quelques regrets ?
Crystal Viper a occupé une place immense dans ma vie. J’avais 19 ans quand je l’ai fondé et il a été mon premier groupe de Heavy Metal sérieux, celui dont j’avais toujours rêvé. Au fil des années, nous avons sorti de nombreux albums, tourné dans différents pays, rencontré des gens incroyables et partagé des moments inoubliables sur scène. Pendant cette période, j’ai réalisé que la musique pouvait véritablement unir des personnes de cultures, d’horizons et de générations complètement différents. Bien sûr, il y a eu aussi des moments difficiles, tout long parcours comporte des hauts et des bas, mais je préfère sincèrement me concentrer sur le positif plutôt que sur les regrets. Chaque erreur a été une leçon, chaque année m’a permis de gagner en expérience musicale. Parfois, on sent simplement au fond de soi qu’une histoire a atteint sa fin naturelle et qu’il est temps d’aller de l’avant sur le plan créatif.
– On te retrouve donc avec LEATHERWITCH, projet où tu joues tous les instruments en dehors des solos de guitare que se partagent Giuseppe Taormina et Ginoir. Ton intention première n’a jamais été de reformer un groupe ? Tu souhaitais vraiment être seule aux commandes ?
Ce n’est pas que je veuille tout contrôler. C’est plutôt une nécessité créative, liée à ma façon de composer. Depuis des années, j’enregistre des démos entièrement seule avant de présenter les morceaux au groupe. Avec LEATHERWITCH, j’ai simplement poursuivi ce processus jusqu’à l’album final. Je n’avais pas à envoyer de fichiers audio aux autres musiciens, à préparer des pistes témoins, à attendre que tout le monde apprenne les morceaux, à organiser les plannings studio, etc… Dès qu’un morceau était composé, il existait sous une forme prête pour le mixage. Cela m’a fait gagner des semaines, voire des mois. De plus, pour la toute première fois, l’album que j’ai composé sonne exactement comme je l’avais en tête en l’écrivant. C’est une expérience formidable. Parallèlement, j’aime toujours autant travailler avec d’autres musiciens, surtout en concert. C’est pourquoi je ne vois pas LEATHERWITCH comme un isolement, mais plutôt comme une autre façon de créer de la musique.
– En 2021, tu avais réalisé « Metal Queen » en solo et qui était un album de reprises. Le considères-tu comme un disque un peu à part, car tu aurais aussi pu sortir « First Spell » sous ton nom ? C’était donc important de créer LEATHERWITCH pour distinguer tes différents projets ?
« Metal Queens » était un album hommage, un projet conceptuellement très spécifique. Parallèlement, je travaille actuellement sur un autre album solo sous le nom de Marta Gabriel, musicalement très différent de LEATHERWITCH. C’est pourquoi il est devenu essentiel pour moi de créer des identités distinctes pour chaque musique. Je n’aime pas tout mettre sous le même nom simplement parce que ça vient de la même personne. Chaque projet a sa propre atmosphère, son style et son identité visuelle. LEATHERWITCH crée immédiatement une ambiance particulière avant même d’entendre la musique. Je pense que les auditeurs apprécient aussi quand un artiste donne à chaque projet sa propre personnalité, plutôt que de mélanger des idées complètement différentes sous un seul nom. Cela pourrait prêter à confusion.
– Pour « First Spell », tu t’es entourée de personnes que tu connais très bien. Bart Gabriel a produit et masterisé l’album, qui a été masterisé par Olof Wikstrand. Avoir un entourage proche qui te mette en confiance t’a-t-il aussi offert plus de liberté dans la composition comme dans ton jeu ?
Absolument. La confiance est primordiale dans le processus créatif, surtout pour un album aussi personnel. Bart et moi collaborons depuis de nombreuses années, tant sur le plan musical que créatif en général. Il existe donc une compréhension naturelle entre nous. Il m’a apporté un soutien incroyable tout au long du projet. C’était la première fois que j’étais entièrement responsable de la prise de son, et Bart m’a beaucoup aidé. Par ailleurs, faire appel à Olof Wikstrand s’est avéré une excellente décision. J’apprécie beaucoup son approche du son : organique et puissante. Il a immédiatement saisi l’atmosphère que je souhaitais donner à l’album, sans chercher à la moderniser artificiellement ni à en altérer l’énergie brute.
– Sans être totalement Old School, le Heavy Metal proposé reste traditionnel, même s’il s’inscrit dans son époque. Selon toi, qu’est-ce qui distingue le plus LEATHERWITCH de tes groupes précédents, et notamment Crystal Viper, car tu es déjà très familière du genre ?
Je pense que la plus grande différence réside dans l’atmosphère émotionnelle générale et la spontanéité de l’album. LEATHERWITCH est plus sombre, plus personnel… Il y a aussi plus d’énergie, plus d’agressivité. Pour autant, je n’ai jamais voulu faire un album rétro. Je souhaitais que « First Spell » ait un esprit classique, mais qu’il soit créé avec des outils modernes et enregistré aujourd’hui, et non une imitation artificielle du passé. Autre différence importante : comme j’ai tout enregistré moi-même, l’album reflète mes sentiments de façon beaucoup plus directe. On a presque l’impression d’écouter mon processus créatif en direct, sans filtre.
– « First Spell » apparaît clairement comme ton album le plus personnel, notamment dans les textes et les thématiques. Est-ce que cela fait longtemps que tu mûris ces morceaux, et y a-t-il des choses que tu tenais absolument à éviter musicalement, ou au niveau de la production, pour offrir vraiment quelque chose de neuf ?
Certaines chansons sont nées très rapidement, presque instantanément. Parfois, j’entends une chanson presque complète dans ma tête et il ne me reste plus qu’à m’asseoir avec mes instruments et à l’enregistrer. D’autres ont évolué plus naturellement au fil du temps. Au niveau des paroles, cet album est sans aucun doute le plus personnel. Même lorsqu’il y a des éléments fantastiques ou d’horreur, des émotions bien réelles se cachent en dessous. « The New Beginning », par exemple, est très directement liée à la fin de Crystal Viper et au chaos émotionnel qui a marqué cette période de ma vie. Concernant la production, je voulais éviter le sur-traitement et une perfection artificielle. La technologie moderne permet très facilement d’éliminer toute émotion humaine de la musique. Je voulais que cet album reste vivant, organique et émotionnel. Parfois, les imperfections ont plus d’âme que la perfection technique.
– A une époque où beaucoup d’artistes prennent leur indépendance et s’autoproduisent, tu gardes le soutien de Listenable Records. C’est important pour toi d’avoir la confiance d’un label, ce qui ne t’oblige donc pas à créer ta propre structure ?
J’entretiens d’excellentes relations avec Listenable Records et poursuivre notre collaboration s’est fait tout naturellement. Ils ont d’ailleurs été les premiers à découvrir LEATHERWITCH et à écouter nos morceaux. Ce que j’apprécie le plus, c’est leur compréhension de la musique et leur respect de la liberté artistique. Ils n’ont jamais cherché à dénaturer l’identité de l’album, ni à l’orienter dans une autre direction. Aujourd’hui, c’est un atout précieux. Bien sûr, les artistes contemporains doivent souvent se débrouiller seuls, mais avoir un label de confiance à ses côtés représente un soutien important, notamment en matière de promotion et de distribution.
– Enfin, on connaît ton amour pour la scène et le contact avec tes fans. Alors, de qui sera constitué le LEATHERWITCH qui se produira en concert ?
Oui, le groupe est au complet et déjà prêt à en découdre ! Sur scène, je me concentrerai uniquement sur le chant. Même si j’ai enregistré tous les instruments sur l’album, je ne compte pas en jouer sur scène. Le travail en studio et la scène sont deux mondes bien différents. On va donc retrouver Giuseppe ‘Tiyris’ Taormina à la guitare, Blaze Grygiel à la basse et Toby Ventura à la batterie. La tournée est déjà annoncée, en tant qu’invité spécial de Fifth Angel, donc le public pourra très bientôt voir LEATHERWITCH en concert. J’ai vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène et de partager enfin ce nouveau chapitre avec le public. Vivement les concerts !
L’album de LEATHERWITCH, « First Spell », est disponible chez Listenable Records.
Photos : Bart Gabriel
Retrouvez aussi les chroniques de son album solo, « Metal Queens », et des deux derniers albums de Crystal Viper :
Authentique et capable de recréer des ambiances vieilles de quelques décennies, MIDNIGHT RIDER pose un regard bienveillant sans être passéiste sur une époque, où la genèse du Hard Rock et du Heavy Metal se faisait grâce à des formations désormais mythiques. La qualité des compositions et de leurs arrangements couplée à une belle et organique production fait de « Limited Infinity » un troisième album, où les riffs sont aussi peaufinés que les mélodies.
MIDNIGHT RIDER
« Limited Infinity »
(Massacre Records)
Changer le line-up d’un groupe au trois quart, et même si on en est le membre fondateur, est loin d’être anodin. C’est donc autour du guitariste Blumi que MIDNIGHT RIDER reprend son souffle et poursuit l’aventure. Il accueille Chris Black au chant, Hendrik à la batterie et Nik à la basse. Musicalement, on n’assiste pas à de profonds changements, mais plutôt à un nouveau souffle. Certes, l’ambiance rétro demeure et ce quatuor presque flambant neuf se meut dans un Hard 70’s et un proto-Metal enthousiasmants.
Tout en restant classique dans la forme comme dans le fond, MIDNIGHT RIDER s’est cependant détaché de l’empreinte de Judas Priest et de Black Sabbath, notamment très présente sur « Manifestation » (2017) et un peu moins sur « Beyond The Blood Red Horizon » (2022). Plus que jamais, les Allemands affichent une identité plus personnelle et surtout une détermination nettement plus palpable. Le nouveau frontman a parfaitement trouvé ses marques dans cet environnement 70’s et sa fluidité vocale fait vraiment plaisir à entendre.
Et si « Limited Infinity » est délicieusement vintage, il est aussi costaud et les parties de guitare, tout comme la rythmique, évoluent sur une belle dynamique. Le Hard Rock de MIDNIGHT RIDER a également quelque chose de très contemporain, ce qui confirme que le retour aux sources des Germaniques ne se fait pas sans garder en mémoire l’héritage de Montrose ou Riot notamment (« Charlemagne », « The Renegade », « Twice The Pride/Double The Fall », « Blitzlight », et l’acoustique « Evening Lights »). Un bel opus et de bonnes ondes.
Rodée depuis plus de vingt dans les clubs de Toronto, SAMANTHA MARTIN s’est essayé à plusieurs formations avant de trouver la bonne formule avec le DELTA SUGAR, où elle manie à la fois l’élégance d’un Blues originel et d’une Soul vibrante dans un mix très contemporain aussi entraînant qu’émouvant. « A Beautiful Buzz » nous replonge dans une soirée, dont on devine aisément la magie et, entre titres originaux et quelques reprises bien senties, la blueswoman navigue entre douceur Southern et rythmiques actuelles, et entre puissance et virtuosité. Et rien ne vaut un témoignage live pour saisir pleinement le talent à l’état pur.
SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR
« A Beautiful Buzz »
(Gypsy Soul Records/Bertus)
La Canadienne compte déjà cinq albums à son actif que ce soit en solo, avec The Haggard et avec Delta Sugar pour trois d’entre-eux. Le dernier en date, « The Reckless One » est sorti en 2020 et c’est lors de cette tournée, sur la côte ouest du pays, qu’a été capté « A beautiful Buzz ». Le 26 novembre 2022, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR a fait monter la température du théâtre Maple Ridge en Colombie Britannique d’un cran. Car, lorsqu’une formation de dix musiciens monte sur scène, ça chauffe et ça groove !
Alors qu’on aurait pu s’attendre à un nouvel effort studio, c’est avec ce live captivant que la chanteuse et son ‘Big Band’ confirment que la scène est leur jardin. Et d’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé, se délectant de cette atmosphère bienveillante. Forcément, à l’époque, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR avait mis l’accent sur le dernier opus, dont on retrouve pas moins de cinq morceaux, en plus de trois reprises magnifiquement réarrangées de Buddy Miles, The Band et The Rolling Stones. Une setlist savoureuse et Soul à souhait.
Ancré dans la tradition et aux saveurs Gospel, le Blues du groupe se diffuse cependant via un spectre moderne que la chaleur des cuivres, les chœurs radieux et ce groove magnétique ne font qu’embellir. A onze à l’œuvre, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR ronronne et livre une performance où le moindre détail se fait saisissant. Quant au chant, difficile de ne pas tomber sous le charme d’une frontwoman aux capacités multiples et dont la voix un brin éraillée et puissante est incroyablement solaire. Un disque à écouter dans son entier !
Entre les concerts et le studio, les Américains donnent le sentiment de ne jamais s’arrêter. Cette éducation qui passe par un travail acharné ne leur laisse, de fait, pas forcément le temps nécessaire de peaufiner et de finaliser toutes ces idées foisonnantes. C’est un peu ce qui s’est passé pour ce sixième album où ELDER a exhumé des brides de morceaux pour aller, cette fois, jusqu’au bout du processus créatif. Et même si le quatuor est parti en tournée au beau milieu de la confection de « Through Zero » pour revenir s’y atteler aussitôt, il y a comme toujours cette unité artistique incroyable, qui en fait probablement l’un de ses albums le plus abouti. Alors qu’il nous propose un passage à travers le vide via ce nouveau concept, le chanteur et guitariste principal du groupe, Nick DiSalvo, revient sur sa vision musicale et l’élaboration de ce nouvel opus.
– Avant de parler de « Though Zero », j’aimerais qu’on dise un mot au sujet de l’EP que vous avez sorti en septembre dernier. Il s’agissait de deux morceaux initialement destinés à « Omens » (2020) et « Innate Passage » (2022). Aviez-vous un sentiment d’inachevé en ne les ayant pas présenté avant ?
Nous avons cumulé une multitude de fragments de chansons restés inédits au fil des ans, ce qui est parfois frustrant, mais malgré une telle production, nous n’avons pas ce sentiment d’inachevé. Il arrive que les idées ne soient pas encore abouties au moment où elles sont écrites, et il y a toujours une chance qu’elles voient le jour plus tard.
– Cet EP est sorti alors que vous partiez en tournée avec All Them Witches et vous êtes déjà de retour avec un nouvel album, avant de repartir bientôt encore sur la route. Quand est-ce que vous avez pris le temps d’enregistrer « Through Zero » ? Vos morceaux étaient-ils déjà prêts, malgré leur complexité ?
Nous avons enregistré l’album avant et après la tournée All Them Witches. Les sessions d’écriture ont été assez intenses juste avant de reprendre la route. Je crois que l’album a du être finalisé en six mois environ.
– ELDER existe depuis une vingtaine d’années et vous avez quitté votre Massachusetts natal pour Berlin il y a un moment déjà. On ne va pas encore refaire l’histoire, mais est-ce que l’idée de rentrer aux Etats-Unis vous traverse parfois l’esprit, même si votre pays connaît une période compliquée en ce moment ?
Franchement, pour l’instant, je ne me vois pas m’installer définitivement aux Etats-Unis. Cela dit, l’Allemagne traverse elle aussi des crises et je doute fort qu’elle devienne mon foyer pour toujours. Ce n’est pas vraiment le moment d’envisager l’avenir avec optimisme…
– D’ailleurs, avec le temps, je trouve qu’ELDER présente aujourd’hui une identité plus européenne qu’américaine. Au regard de vos six albums, vos quatre EPs et vos deux live, quand pensez-vous que le virage a eu lieu ? A moins que cette évolution vous paraisse naturelle…
Je ne pense pas que nos nationalités jouent un rôle important dans notre musique, mais je pourrais l’expliquer par le fait que notre musique est davantage influencée, à certains égards, par le Rock des années 70 venu d’Europe et du Royaume-Uni, plus que par l’héritage du Blues américain.
– Comme à chaque fois, vous nous embarquez dans une voyage musical et sonore unique. Et vous êtes partis de ce terme qui donne son nom à l’album, « Through Zero », qui est emprunté à l’ingénierie et aussi au monde de la musique. Est-ce parce qu’il donne lieu à une multitude d’interprétations aussi bien conceptuelles que philosophiques qu’il a retenu votre attention ?
C’est exactement ça. J’aime jouer avec les mots et l’expression « Through Zero » est intéressante. Bien qu’elle ne désigne rien d’autre que le phénomène physique auquel elle fait référence, je trouve que l’idée s’applique à bien d’autres domaines et décrit bien l’atmosphère sonore de l’album.
– Musicalement, « Through Zero » est très progressif avec des passages aux résonances très 80’s et enrobé d’un Heavy Rock aussi très direct. Est-ce que vous vous êtes basés sur le jeu des textures, comme c’est le cas ici, pour dérouler votre fil narratif, car ELDER garde toujours une grande fluidité à passer d’une atmosphère à l’autre ?
Oui, la magie de ces morceaux réside dans l’interaction entre de nombreux éléments disparates, comme des guitares puissantes et incisives, des sonorités de cordes de mellotron d’inspiration vintage, et parfois même des sons synthétiques modernes. Le défi et la récompense de cette musique consistent à intégrer tous ces sons d’époques différentes en un mix cohérent.
– D’ailleurs et peut-être encore plus que sur vos précédents albums, « Through Zero » se dévoile vraiment au fil des écoute. L’émergence des détails dans vos morceaux est d’ailleurs assez incroyable, tant ils sont nombreux. C’est un travail que vous effectuez une fois le morceau bien structuré, c’est-à-dire plus ou moins vers la fin, ou vous intégrez les arrangements dès le départ ?
Les arrangements sont déjà complexes et détaillés lors de la composition. La difficulté survient surtout à l’enregistrement, car c’est là qu’il faut trouver une place pour chaque élément. Souvent, nous devons même simplifier les arrangements en studio, faute de place ! Cela dit, c’est aussi le moment où nous améliorons les morceaux.
– « Through Zero » a aussi la particularité d’être produit par vous-mêmes, toujours en collaboration avec Richard Behrens. Et cette fois, vous avez aussi participé au mix de l’album. Qu’est-ce qui a changé dans votre démarche pour que vous ayez envie de vous y pencher ? Le considérez-vous finalement comme votre disque le plus personnel à ce jour ?
J’ai souvent été frustré par le passé par les décisions de mixage prises par des personne extérieures. C’était des décisions que nous n’avions ni le temps, ni les ressources pour corriger ou même pour explorer d’autres options de manière adéquate. Or, je sais depuis longtemps quel son je souhaite pour notre musique et aussi que nous, au sein du groupe, possédons de solides compétences techniques en matière d’enregistrement…
– Vous repartez encore pour une longue tournée, ce qui fait d’ELDER un groupe de scène incroyable. Vous donnez d’ailleurs l’impression de ne jamais vous arrêter. Est-ce que vous considérez finalement un peu vos albums comme un prétexte pour repartir sur la route ? Et est-ce le contact direct avec vos fans que vous privilégiez surtout ?
En fin de compte, je pense que non. Mais l’aspect live du groupe est tout aussi important pour nous que les albums. Le Rock est fait pour être vécu en concert, car c’est une sensation forte, viscérale et énergique ! Je ne peux pas vraiment imaginer jouer de la musique sans cette dimension scénique.
– Enfin, on a parlé du fait que votre musique avait peut-être une saveur plus européenne aujourd’hui. Que reste-t-il de fondamentalement et viscéralement américain chez ELDER ?
ELDER est né de la scène Rock underground américaine. Nous n’avons pas fréquenté d’écoles de musique, nous n’avons bénéficié d’aucun financement culturel, ni même d’une salle de répétition subventionnée par l’Etat, contrairement à certains groupes en Europe de l’Ouest. Précisons-le : je considère ces aides comme essentielles et il est absolument indispensable de financer les arts et la culture ! Mais en même temps, nous avons dû apprendre par nous-mêmes et travailler d’arrache-pied pour en arriver là. Je pense que cette façon de faire est emblématique de ‘l’éthique du travail à l’américaine’. On nous dit souvent que notre culture du travail est malsaine ou mal adaptée, mais nous sommes aussi très motivés et convaincus qu’à force de travail, on peut réussir. Cette mentalité nous a sans doute été inculquée très tôt et c’est pour cette raison que nous n’arrêtons jamais d’avancer, même au risque de nous exploiter, ou de nous contraindre, nous-mêmes.
Le nouvel album d’ELDER, « Through Zero », est disponible chez Stickman Records en Europe.
Six ans après « Punching The Sky », période passée essentiellement à tourner, puis à mettre au point un nouveau chapitre de leur histoire, les Californiens se sont remis à l’ouvrage sous la houlette de leur leader Joey Vera. Spontané, mais réglé au millimètre, ARMORED SAINT n’a pas son pareil pour faire le lien entre Heavy Metal et Hard Rock et entre la tradition et son époque. Et « Emotion Factory Reset » est le reflet d’un style très personnel qui ne cesse d’évoluer au même titre que les émotions qu’il véhicule.
ARMORED SAINT
« Emotion Factory Reset »
(Metal Blade Records)
ARMORED SAINT est probablement le groupe le moins exposé médiatiquement de la côte ouest, et pourtant il est devenu au fil des ans l’un des plus emblématiques, élevé même au rang de culte par certains qui voit toujours en « March Of The Saint » (1984) une sorte de maître étalon du genre. Mais le combo doit surtout d’être sous-estimé en raison des allers-retours de son chanteur John Bush chez Anthrax 13 ans durant, avec même un rapide retour en 2009. Un manque de reconnaissance, qui s’explique donc par une absence de constance. Cela dit, ce neuvième album en quatre décennies confirme qu’il n’a jamais trahi son public. Une régularité incontestable.
Par ailleurs, il y a un grief que l’on ne pourra pas tenir à ARMORED SAINT, c’est celui de faire deux fois le même disque. C’en est presque à croire qu’il ne regarde jamais en arrière et qu’il ne mise que sur l’avenir. Ainsi, Il prolonge en quelque sorte son œuvre, ce qui signifie aussi l’absence de surprise, ainsi que d’éventuelles déceptions dans un certain sens. « Emotion Factory Reset » correspond parfaitement à son époque et le Heavy Metal déployé ici conserve autant de solides bases établies au début des années 80 qu’il use de sonorités et d’une productions très actuelles. La capacité d’adaptation des Américains fait vraiment partie de leur ADN et cela s’entend.
Guidé par son duo composé du chanteur John Bush et de Joey Vera, bassiste et producteur, le quintet avance naturellement grâce au groove massif de Gonzo Sandoval, qui martèle ses fûts comme peu le font encore. Et cette belle rythmique profite au tandem Phil Sandoval, le frérot, et Jeff Duncan, qui brillent sur des riffs tranchants et entraînants, ainsi que des solos terriblement accrocheurs. ARMORED SAINT transpire le Heavy Metal et on se laisse emporter (« Close to The Bone », « Hit A Moonshot », « Compromise », « It’s A Buzzkill », « Epilogue »). Brut de décoffrage, « Emotion Factory Reset » ne laisse planer aucun doute et se montre imparable.
Du fond de son saloon peuplée d’âmes en perdition, le trio anglais voit défiler toutes sortes d’individus au pedigree plus ou moins respectables. Et ce sont ces histoires, et anecdotes, que nous comptent ces hors-la-loi zombifiés, originaires de Sheffield. Dans ce décorum de Far-West, FANGSLINGER élève son Hard Rock pour en faire des hymnes sur fond de Southern Rock. Une recette aussi savoureuse que percutante qui prend vie sur « Welcome To The Last Souls Saloon », un premier album hyper-fédérateur et massif, construit sur des riffs costauds et où les deux voix, féminine et masculine, se renvoient de gigantesques doses d’adrénaline sur chaque morceau. Entre vampirisme bluesy et ambiances gothiques, le chef du gang nous laisse nous frayer un passage dans cet univers aussi jouissif que groovy, façon dark western.
– Avant de parler de ce premier album, j’aimerais savoir comment a pu naître le concept de ‘Undead Redneck Rock’n’Roll’ dans l’esprit d’un groupe de Sheffield ?
Bon, il y a un petit malentendu. Nous sommes des hors-la-loi morts-vivants du Far West. Sheffield est simplement l’endroit où nous avons choisi de poser nos valises pendant notre conquête du Royaume-Uni, car c’est en plein milieu ! (Rires) Quant au ‘Undead Redneck Rock N’ Roll’, nous avons simplement pris le meilleur de la musique que nous aimons et nous l’avons mélangé à une recette du Sud pour faire headbanger les gens pendant qu’on leur prend leur âme ! (Rires)
– On vous a découvert en 2024 avec « The Last Souls Saloon », un premier single qui apparaît presque comme une carte de visite en raison de son titre notamment. Ensuite, vous avez enchaîné les morceaux avant de les regrouper sur « We Are The Night », votre premier EP. Vous aviez besoin d’avoir certaines certitudes sur l’accueil de FANGSLINGER ?
On tâtait le terrain, c’est certain. Au départ, on n’avait prévu qu’une seule chanson, mais on a tellement aimé l’écrire et l’enregistrer qu’on a voulu en faire d’autres ! (Sourires) Heureusement, elle a trouvé un écho auprès du public, suffisamment pour qu’on continue à faire de la musique ! Et on est vraiment ravis.
– Si on peut trouver une certaine proximité avec votre compatriote Kris Barras, vos références sont essentiellement américaines avec une dominante Southern. L’idée de départ était-elle d’injecter ce climat aux allures de Far-West dans un Hard Rock moderne et solide ?
Oui, absolument. Tellement de groupes actuels s’inspirent de ces influences et se tournent vers le passé, devenant presque des groupes hommage à des époques révolues. Je ne citerai pas de noms, bien sûr… (Sourires) Nous voulions faire quelque chose d’un peu plus novateur et essayer de créer quelque chose d’original en nous appuyant sur nos influences. Quant à savoir si nous avons réussi, je suppose que cela dépendra de l’auditeur ! (Sourires)
– D’ailleurs, ce qui peut surprendre dans le Hard Rock de FANGSLINGER, c’est son côté bluesy et Southern transposé dans une ambiance souvent très ‘Arena’, inspiré de l’Alternative Metal/Rock. Est-ce que c’est finalement ce à quoi pourrait ressembler le Southern Rock 2.0 ?
Je l’espère ! On a clairement écrit ces chansons en pensant aux grandes salles. Jouer dans les salles où on joue en ce moment, c’est génial, et ça nous permet de rencontrer les fans de ‘Lost Souls’ de près. Mais on ne cache pas notre ambition de jouer notre musique sur des scènes encore plus grandes. Le grand public mérite du vrai Rock, non ? (Sourires)
– Revenons à ce premier album, « Welcome To The Last Souls Saloon ». Il y règne une atmosphère très proche de celle du film de Robert Rodriguez « From Dusk Till Dawn » (« Une nuit en enfer » – NDR). Est-ce que ce film vous a influencé à la création du groupe et notamment en ce qui concerne son concept et l’aspect visuel ?
A priori, ce serait plutôt Robert Rodriguez qui se soit inspiré de nos pitreries pour réaliser son film ! (Rires) En tout cas, nous adorons les éléments cinématographiques et théâtraux, et le genre western gothique n’a pas été suffisamment exploité à notre goût. Ce film influence beaucoup nos décors et nos clips. Nous intégrons également de nombreux éléments western dans notre musique pour créer une ambiance, inspirés par des compositeurs comme Ennio Morricone.
– FANGSLINGER a aussi la particularité de présenter un chant féminin et masculin, ce qui vous offre de nombreuses possibilités narratives aussi. Il y a un équilibre assez théâtral d’ailleurs. Est-ce que ce chant à deux est une chose qui s’est imposée naturellement dans le groupe ?
Oui, mais en fait, ce n’était absolument pas prévu. Lors de l’enregistrement du premier single, BloodRose (la chanteuse – NDR) était par hasard avec nous au studio et nous lui avons simplement demandé d’enregistrer quelques chœurs. Ensuite, nous avons composé le pont, pour lequel sa voix convenait parfaitement. Depuis, son rôle a évolué et elle chante une bonne partie de l’album. Nous apprécions le contraste entre la voix masculine rauque et les lignes féminines à la fois douces et sensuelles.
– Un mot aussi sur cette très belle production, dont la richesse des tessitures et des arrangements est assez incroyable pour un premier album. Dans quelles conditions avez-vous travaillé et combien de temps avez-vous mis à finaliser « Welcome To The Last Souls Saloon » ?
Merci pour tes compliments ! Nous entretenons une excellente relation avec notre producteur, Dan Fox, qui travaille aux studios Treehouse. Il a collaboré avec certains des plus grands noms du Rock et du Metal actuels et il possède un talent exceptionnel. Honnêtement, l’enregistrement de l’album s’est fait très naturellement. Nous avons simplement échangé des idées et fait de notre mieux pour composer les meilleures chansons possibles. Je pense que le véritable art naît des personnes réunies. Et l’alchimie entre le groupe et le producteur nous a offert une immense liberté créative. Et puis, combien de producteurs adhéreraient à une idée aussi farfelue que celle de cowboys vampires faisant du Rock’n’Roll ? (Rires)
– Enfin, j’aimerais que l’on parle du côté immersif de l’album et de la façon dont on se laisse happer et guider dans ce voyage captivant. Chaque chanson raconte une histoire et il y a beaucoup de profondeur également. Aviez-vous une vison claire de l’ensemble dès le départ ?
Après la sortie de notre premier single, nous avons décidé que tout l’univers de FANGSLINGER tournerait autour du saloon ‘Lost Souls’ et des personnages qu’on y croise. Cela nous donne un point de départ pour chaque chanson. On peut ainsi développer l’origine d’un personnage, ou raconter l’histoire d’une chasse aux vampires. On a même une chanson du point de vue de la Faucheuse, qui médite sur sa solitude. On a l’impression d’avoir un monde qu’on peut continuer à créer quasiment sans limites… Et qui sait, peut-être qu’un jour FANGSLINGER partira dans l’espace à bord d’une fusée ‘steampunk’ ! (Rires)
Le premier album de FANGSLINGER, « Welcome To The Last Souls Saloon », est disponible sur toutes les plateformes et en physique sur le site du groupe : www.fangslinger.net
De l’envie, elle n’en manque pas et cela se ressent tout au long du premier opus de la formation de la capitale. « Until The Void » s’impose presque de lui-même, tant il parvient à rassembler les éléments incontournables du Metal actuel. MECHANICAL SKIN bastonne autant qu’il séduit par ses capacités à diffuser de belles émotions. Très solide techniquement, il réussit à convaincre sans mal et nul doute que la force de ces nouveaux titres devrait prendre toute leur dimension en concert, où on les imagine lever les foules. Gardez un œil ouvert et une oreille attentive, l’énergie des Français est contagieuse.
MECHANICAL SKIN
« Until The Void »
(Independant)
Faire corps et monter en puissance tout en restant mélodique, c’est le credo de MECHANICAL SKIN et ce qu’il met en place depuis sa création en 2020. Alors qu’une grande partie de la scène hexagonale se tourne vers un Metal extrême, le quintet emprunte une voie parallèle et avec autant de détermination et d’expérience, et c’est un boulevard qui s’offre à lui. Au croisement entre un Alternative Metal musclé et un Groove Metal plus agressif, ce premier album vient confirmer le bel élan déjà pris sur les quatre titres de « Before I Die », premier EP sorti en mars 2024.
Depuis, MECHANICAL SKIN a pris du volume et les Parisiens témoignent parfaitement ici du chemin parcouru. Aujourd’hui, le groupe est plus aiguisé, racé et tranchant, et la bonne production de ce premier long format met très bien en valeur le travail effectué sur ces huit nouveaux morceaux (et sur l’intro). « Until The Void » est taillé dans le granit et il jaillit avec beaucoup d’originalité grâce à des influences bien digérées. Tout en restant accessible, il développe un côté massif et véloce, grâce à des membres unis qui ont le même objectif ravageur.
Sur des fondations clairement Hard Rock, MECHANICAL SKIN se fait fédérateur sur les refrains et incisif dans les riffs et, malgré un petit coup d’oeil dans le rétro, il se montre moderne dans l’attaque des titres. L’une des surprises vient également de son frontman que l’on découvre plutôt saturé sur l’entame de l’album, avant de revenir à un chant clair et puissant, qui lui va tellement mieux, par la suite. Le combo avance avec assurance et beaucoup de diversité, ce qui fait toute la richesse d’« Until The Void » (« Into A War », « Memories », « Fall Of Tyrant », « New World »).